Des milliers de personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de ville de Saint-Denis samedi pour protester contre le racisme, après que cette banlieue, dont le nouveau maire noir a été élu dès le premier tour en mars, a fait face à une vague d’attaques discriminatoires depuis sa prise de fonction.
Bally Bagayoko, élu maire dès le premier tour le 15 mars, a appelé à cette manifestation après avoir subi des semaines de commentaires racistes et de harcèlement depuis son entrée en fonction. Âgé de 55 ans, ce responsable politique d’origine malienne représente La France Insoumise, le parti d’extrême gauche dirigé par Jean-Luc Mélenchon.
La polémique a éclaté après ses passages sur CNews, une chaîne de télévision à tendance droitière, où des invités ont fait des comparaisons racistes. Les 27 et 28 mars, des intervenants ont associé Bagayoko à « la famille des grands singes » et ont critiqué ce qu’ils ont qualifié d’attitude de « mâle dominant », établissant des parallèles avec un leadership tribal primitif.
Nous venons dire avec fermeté et définitivement notre attachement viscéral aux valeurs de la République incarnées par ceux qui sont les héritiers de l’immigration
Bally Bagayoko, Maire — RFI
Selon France Info, le bureau du maire reçoit désormais quotidiennement des appels téléphoniques demandant si c’est « l’hôtel de ville des singes » ou « l’hôtel de ville des Noirs et des Arabes ». Ces appels semblent liés à une version déformée d’une déclaration post-électorale de Bagayoko, où il affirmait que Saint-Denis est « la ville des rois et des peuples vivants », une phrase détournée dans les milieux d’extrême droite pour suggérer qu’il aurait dit « ville des Noirs ».