Alexandre Ramagem, ancien chef des services de renseignement brésiliens, a fui le pays après avoir été condamné pour son rôle dans un complot visant à renverser le résultat de l'élection de 2022. Il a été arrêté par les autorités américaines de l'Immigration et des Douanes (ICE) ce lundi.

Selon des sources citées par les médias brésiliens, notamment la police fédérale et le ministère de la Justice, Ramagem a été interpellé par des agents de l'ICE en Floride. Le fugitif de 53 ans, ancien député, vivait aux États-Unis depuis son départ du Brésil en septembre, où il s'était installé après sa condamnation.

L'ancien directeur de l'Agence brésilienne de renseignement (ABIN) a été condamné à plus de 16 ans de prison pour son implication dans une tentative de coup d'État visant à empêcher l'investiture du président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, vainqueur de l'élection face à l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

"Il avait recours à des logiciels espions pour localiser des juges de la Cour suprême, des législateurs, des journalistes et des responsables publics."

Les enquêteurs brésiliens ont révélé que Ramagem avait transformé l'agence de renseignement en une unité clandestine de contre-espionnage, utilisée pour surveiller illégalement les opposants à Bolsonaro. Il avait recours à des logiciels espions pour localiser des juges de la Cour suprême, des législateurs, des journalistes et des responsables publics, tout en suivant les enquêtes impliquant les fils de Bolsonaro.

Ramagem n'a pas été arrêté, mais interpellé à Orlando à la suite d'un contrôle routier pour une infraction mineure. Il a ensuite été transféré à l'ICE, une procédure courante en Floride.

Paulo Figueiredo, allié de Bolsonaro — Al Jazeera

Figueiredo, un allié politique de Bolsonaro résidant aux États-Unis, a affirmé que cette détention n'était pas liée à la demande d'extradition du Brésil et que Ramagem avait déposé une demande d'asile en cours. Il s'est dit optimiste quant à une libération plutôt qu'une expulsion.

Le Brésil a officiellement demandé l'extradition de Ramagem en décembre, en transmettant les documents nécessaires au Département d'État américain. L'ancien chef des services secrets avait fui illégalement vers le Guyana avant de prendre un vol pour les États-Unis, où il est resté en cavale.

Pendant son séjour aux États-Unis, Ramagem participait à des lives avec des influenceurs brésiliens d'extrême droite, affirmant avoir reçu l'approbation de l'administration Trump. Il avait suggéré avoir été informé qu'il était 'bon de savoir que nous avons un ami en sécurité ici aux États-Unis'.

Cette arrestation survient dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et le Brésil concernant la poursuite des proches de Bolsonaro. L'ancien président lui-même purge une peine de 27 ans de prison depuis septembre, une condamnation que ses partisans qualifient de 'chasse aux sorcières politique'.